récits courts et calembredaines

l'autogriffe

Nous nous balladions en couple
dans la semi-pénombre d'une cour je vis un chat
accroupi comme un chat
que je regardais longuement
parce que quelque chose retenait
mon attention, dans son allure, et que
ses moustaches luisaient sur son pelage sombre.
Par jeu, comme si j'étais le chat
(je sais qu'ils n'aiment pas être regardés trop longtemps dans les yeux)
par jeu, donc, comme si j'étais le chat je dis:
"Tu veux ma photo?"
Ma compagne rajouta alors: "Et mon autographe?"
Alors, plantant mes ongles dans le pull de mon amie
le long de son épaule, et avec un ton de chat furieux:
"Ou bien un autogriffe?"

Le baiser

Ah quelle tristesse, quelle dureté que l'auto-censure, il faut le dire!

c'est pas bon pour la santé, a dit Papa Freud, de refouler, ou de vouloir

adoucir ou édulcorer ce que la VIE à parfois d'extra dans sa vérité crue, cela

est même plutôt réjouissant, cette authenticité en elle-même de la vie.

 

Alors, je me décide à parler de cette douce histoire de tendresse qui m'arriva

voici quelques décennies, et qui eût pour moi des vertus thérapeutiques.

 

Elle était une fillette, qui avait 9 ans et demi, et moi je devais aller sur

mes trente-deux lorsque nous nous connûmes.

Voilà, elle était arrivée avec ses parents, vers midi, venant visiter, elle sa grand-mère,

et eux logiquement et respectivement, qui sa maman, et qui sa belle-maman.

Mais alors, hein, moi, qu'est-ce que je faisais là, hein?

Et bien j'étais hébergé chez la mère-grand, (que je vais appeler Madame M, pour

la suite du récit) et j'étais aussi son amant, voilà.

Dès leur arrivée , elle avait su rompre la gêne relative, due au fait

que vivants loin dans le sud de la France, nous ne nous connaissions pas encore,

bien qu'ils fussent au courant de ma présence ici et de la relation entre leur

maman et moi.

Avec une fraîche spontanéité d'enfant, elle avait insisté pour m'accompagner

chercher du pain dans une cité voisine.

Main dans la main, nous voilà partis, elle rompant parfois mon silence et ma

gêne par son babillage: "Et bien plus tard moi je serais infirmière...ou

institutrice."

Ayant acheté le pain, nous reprenons alors l'avenue dans l'autre sens, et

bouleversé par cet enfant, sa candeur, sa fraîcheur, des larmes me viennent et

coulent (il faut que j'explique que mon divorce est récent, que cela c'est mal

passé, en fait ça n'est pas passé du tout, la situation conflictuelle avec une

personne que j'estimais et pour laquelle j'avais sinon de l'amour, de

l'attachement, et puis en plus, il y avait notre enfant, pour moi, l'enfant du

miracle, parce que, avant de rencontrer Marie, ma vie était dans l'impasse,

dépressif depuis de longues années, toxicomane addict aux drogues dites dures,

qui malgré leur dénomination, ne font qu'amollir le psychisme, enfin quelque

part "au bout du rouleau", et au bord du suicide)...donc, je reprend le récit,

elle voit mon visage, et saisie de compassion, tirant un peu plus fort

sur ma main, m'entraîne dans un parcours en zig-zag, en disant :"viens! on vas

se cacher", je me laisse faire, distrait de mon chagrin, amusé, et nous nous

retrouvons au milieu d'un bosquet d'arbustes qui bordent l'avenue, accroupis

sous un laurier-rose en fleur.

Nous sommes à l'étroit dans cet espace caché, serrés l'un contre l'autre par le

manque d'espace, et irrésistiblement nos corps se rapprochent encore, puis nos

bouches se rejoignent, et nous nous embrassons doucement, tandis qu'elle

me murmure des mots à l'oreille je n'entends pas, cette scène se passe comme dans un rêve, et

même mieux!

Puis soudain, nous mettons fin à nos épanchements, et saisissant mes baguettes

fraîches, nous repartons vers la maison de M où je vît et où on nous attends

pour le repas. Tout en cheminant, je songe à ce qui viens de se passer, et j'y

songerai le restant de l'après-midi, tout en ayant l'angoisse qu'elle ne se

mette à dire avec sa spontanéité naturelle: "Clément et moi, on s'est

embrassés!" et à tout raconter!, mais rien n'arrivera de cela, et il

repartirent le soir, et jamais ne les revit.

Maintenant, que j'écris cela, presque trente années ont passés, et des bribes

de détails de cette histoire, me reviennent et viennent se mettre à leur place

dans le récit, sauf que me revient seulement maintenant que ce qu'elle me

murmura à l'oreille lorsqu'elle m'eût offert ce baiser de compassion, c'est:

"C'est un secret"

 

"J'accuse" aurait dit émile:

Je passe sous une fenêtre

ploc! dans la rue une noix est tombée

Je lève la tête:

Il y a une bassine pleine de noix

qui sèchent la-haut, et une pie

qui perchée sur la bassine

vient de faire tomber cette noix.

Sans vergogne je vole cette noix par une pie tombée

dans la rue, et l'emmène chez moi, la manger, (la noix, pas la pie bien sûr)

(histoire vraie à moi arrivée) Merci la pie!

 


 

Toi tu vas devenir fou!

me dit un jour une gitane fâchée

que je n'eut pas déposé dans sa main une obole.

Je l'excuse, elle ne savais pas que je l'étais déjà!

 


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